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L'histoire de Jonah Barrington

Source : PSA World Tour

Il y a 50 ans, Jonah Barrington a fait une entrée tonitruante dans le monde du squash. Agé de 25 ans, il a gagné le premier de ses six British Open avec une victoire qui transforma son sport et fit naître une nouvelle ère pour le squash.

Ayant abandonné l'université, il avait retenu peu de choses de son temps passé au bar du Trinity College de Dublin et de son amour pour la Guinness. Le futur glorieux de Jonah Barrington était aussi imprévu qu'exceptionnel.

Passant d'un travail à un autre, Barrington semblait destiné à rejoindre la longue liste des grands regrets. Avant ses 25 ans, qui l'ont vu se transformer et embarquer dans un voyage pour réaliser de grandes choses, personne n'aurait pu imaginer qu'il en arriverait là. 

Barrington, contre toutes attentes, à 25 ans, gagna le British Open de 1967 et devint le premier vainqueur britannique de cet évenement phare depuis 1938. 

Il s'agit du premier des six British Open que Barrington gagnera durant les sept prochaines années. Une série qui formera la base du changement que Barrington allait apporter à ce sport. Ses victoires, et plus largement sa carrière, étaient celles d'un hommes de peu de moyens car, comme il le disait, il y avait des joueurs bien plus talentueux que lui.

“Je gagnais grâce à l'entrainement plutôt qu'avec mon talent" disait Barrington

  Crédits Photos : PSA

“Pendant ma deuxième année une équipe de squash m'a sollicité et je les ai suivi. Les circonstances étaient différentes et j'étais plus mature que l'année dernière. Je me suis impliqué et ca a été fantastique. 

Pour la Ligue de Leinster, il y avait une brasserie Guinness. Quand on allait jouer chez eux ils avaient un tonneau de porter (bière brune) de 30L prêt pour nous. 

A un moment, je jouais en dernier contre Des O’Brien, je ne sais pas comment on a réussi à jouer au squash .

Je pratiquais le sport pour son coté social et j'adorais jouer. Quand je suis parti de Trinity je n'ai pas joué pendant un moment, mais je me rappelais toujours que j'adorais ce jeu."

Une rencontre chanceuse avec Nasrullah Khan, oncle de Jahangir Khan et ancien entraineur au Edgbaston Priory Club de Birmingham, sera le point tournant d'un Barrington alors sans but. Khan deviendra un mentor, apportant un tutorat calme et méthodique qui aida à terminer la transformation de Barrington d'une vie agité à une vie "ascétique".

Avec l'appui de Khan, Barrington se dédia completement à l'entrainement et au developpement de soi, à en devenir une légende. 

  Crédits Photo : PSA

“Peu de temps après Trinity je me suis blessé dans le bas du dos et pendant ma guérison j'ai fait beaucoup d'introspection", raconte l'homme qui celebra en 2016 ses 75 ans. 

"J'ai rencontré Nasrullah Khan à ce moment-là. Il est devenu un grand ami et mentor. J'étais assez timide mais je suis allé le voir et lui ai dit que je récupérais de mon opération et que je voulais vraiment m'entrainer pour voir jusqu'où je pouvais améliorer mon squash. Il m'a dit "pédale jusqu'au court et entraine toi seul en frappant 100 coups droit le long du mur et 100 revers le long du mur." C'est exactement ce que j'ai fait chaque jour depuis ce moment, et ça a marché."

Une des techniques les plus utilisées au squash aujourd'hui, "le ghosting", qui consiste à reproduire un échange sans balle, a demarré avec Barrington. De nombreuses histoires racontent sa pratique intensive de cet exercice en caleçon dans le jardin de sa maison à Cornwall, un dévouement qui reste légendaire aujourd'hui. 

Crédits Photo : PSA. Jonah Barrington (left) takes on Geoff Hunt (right)

Après avoir gagné son premier British Open, il aurait fait quelques pompes et, tandis que le champagne passait de mains en mains, préparait ses entrainements de la saison d'hiver, tout ce qui aurait pu lui donner un avantage face à ses adversaires. 

Il pouvait être très auto-critique et exigeant envers lui-même. Geoff Hunt, son grand rival, se rappelle voir Barrington débouler du court après une défaite et passer les deux heure suivantes à courir sur une piste d'athlétisme pour se punir de sa piètre performance. 

“Je trouvais difficile de faire à l'anglaise et de ne pas montrer ma haine d'avoir perdu, je detestais ce sentiment", disait Barrington.

“Je n'ai jamais dit que je voulais être le meilleur possible, je voulais juste battre tout le monde et quand je perdais, je le prennais très mal.

Tandis que je progressais, je devenais de plus en plus obsédé. Jour après jour je ne pensais plus qu'au squash.  

J'ai lu quelque part que : "se reposer ce n'est pas régner", c'est ma philosophie."

  Crédits Photo : PSA

“Tu dois te rappeler que si tu veux être le meilleur, et que tu as tous les éléments réunis, tu dois passer une grande partie de ton temps physiquement fatigué, bien plus que la moyenne des gens. 

Ton corps doit s'adapter, surtout pour un sport comme le squash qui est un des plus physique de la planète. C'est extraordinaire comme le corps subi de pression pour un sport qui est également mentalement très exigeant. Il y a très peu de temps mort pendant les jeux et c'est très dur de prendre le temps de respirer . Mais j'étais déterminé a sortir vainqueur du court.

Pendant mon premier été à Londres, j'allais au Club de Criquet d'Hampstead chaque soir. Je m'entrainais sur le court avec personne autour parce que personne ne jouait au squash en été. Je courrais autour du court de criquet pendant que les gens au bar me regardaient dubitatifs ! 

Donc en Avril 1965 quand tout le monde s'arrêtait, j'avais six mois d'entrainement d'avance. J'ai continué pendant deux hivers et deux étés jusqu'au match d'ouverture de la saison en 1966"

L'entrainement de Barrington, combiné avec son style de jeu assuré qu'il pratiquait en frappant avec précision et pas plus bas que la ligne de service pour créer une consistance en évitant les erreurs, porta ses fruits. 

Sa constante pression, occasionnellement ponctuée d'amortis, lui permettait de fatiguer ses adversaires. Ce qui lui a fait gagner le British Open de 1967, considéré à cette époque comme le Championnat du Monde.

 

 Crédits Photo : PSA

“Je me suis entrainé pendant deux ans sans m'arrêter et ensuite j'ai joué contre ce type qui était un des meilleurs joueurs anglais et je l'ai battu.Trois mois plus tard je gagnais le British Open. 

J'ai su qu'à partir du moment où j'ai eu l'opportunité de trouver ma voie dans le sport je continuerai. J'ai commencé par le British Open et j'allais travailler sans relâche pour continuer jusqu'au bout"

 

La carrière de Barrington est un rappel permanent qu'avec de la force mentale et la volonté d'être le meilleur l'on peut battre même le plus talentueux des joueurs. 

On ne le voit pas sur le Tour autant que les joueurs et supporters le voudraient mais il restera à jamais une grande icone de ce sport et sa présence sera toujours ressentie.

Il restera à jamais Mr. Squash.


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