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Présentation des équipes : L'AUSTRALIE VISE LE DERNIER CARRÉ ... ET PLUS SI AFFINITÉS

Nous continuons aujourd'hui notre présentation des têtes de série. Huit fois médaillée d'or au championnat du monde par équipe, l'Australie n'a certes pas été titrée depuis 2001 et devra apprendre à vivre sans David Palmer. Mais son expérience – à l'image de Cameron Pilley – ainsi que la capacité des ses joueurs à élever leur niveau en sélection en fait le principal candidat pour perturber les trois favoris.

Article de Jérôme Elhaïk

Comme pour l'Angleterre, l'histoire montre que les chances de l'Australie doivent être prises en compte au championnat du monde par équipe : les « Aussies » sont les plus titrés dans la compétition (8 fois) et mènent également le classement des médailles (18) – si l'on sépare la Grande-Bretagne et l'Angleterre. On les a également retrouvés 22 fois en demi-finale en 24 éditions ! Une chose a néanmoins changé : après être sorti de sa retraite en 2013, David Palmer ne fait cette fois plus partie de l'équipe. L'ancien numéro 1 mondial et champion du monde a été un atout majeur pour son pays pendant plus d'une décennie, et ce n'est pas un hasard si l'Australie avait été sortie en quart de finale en 2005, alors que le « Marine » était sous le coup d'une suspension d'un an. Mais son ancien coéquipier Cameron Pilley estime que « c'est une belle opportunité pour les joueurs qui arrivent. Personne ne s'attend à ce qu'ils soient au niveau de David, c'est tout simplement impossible. Ils apporteront autre chose au groupe : leur énergie et leur enthousiasme. » (interview à lire ci-dessous).

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 L'entraîneur national Paul Price (deuxième en partant de la gauche) avec ses coéquipiers (Anthony Ricketts, David Palmer, Joseph Kneipp) lors de leur victoire au championnat du monde en 2003 à Vienne (Crédit photo : squash-u-Bild.net)

Même si Rex Hedrick et Zac Alexander n'ont jamais porté le maillot de la sélection en senior, ce sont des joueurs chevronnés – professionnels depuis 2007 – qui ont participé à de gros événements, comme le championnat du monde junior ou les mondiaux de double. L'expérience de la compétition, on la retrouve chez Ryan Cuskelly, mais surtout Cameron Pilley et Paul Price : le nouvel entraîneur national faisait partie de l'équipe lauréate en 2001 et 2003. « C'était vraiment quelque chose de spécial, » nous confiait-t-il récemment. « J'ai eu des équipiers incroyables, et cette volonté commune de faire le maximum les uns pour les autres est quelque chose dont je me souviens encore. Sur le plan personnel, être sacré champion du monde à Melbourne, devant ma famille et mes amis, c'était fantastique. » 

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Aux côtés de Pilley et Cuskelly, Zac Alexander - en train de frapper la balle - et Rex Hedrick feront leurs débuts au championnat du monde par équipe (Crédit photo : Squash Mad)

Il existe un autre point commun entre l'Australie et l'Angleterre : leurs joueurs évoluent toujours à leur meilleur niveau dans les compétitions par équipe, et les récents résultats dans les tournois individuels ne sont donc pas forcément révélateurs. « Jouer pour l'Australie et gagner ces titres font partie des choses dont je suis le plus fier dans ma carrière. » ajoute Price. « Dans le sport, il n'existe pas de plus grand privilège que de représenter son pays et j'ai eu la chance d'en avoir eu l'opportunité. » Cameron Pilley et Ryan Cuskelly n'ont peut-être pas gagné beaucoup de matches sur le circuit professionnel depuis le début de la saison, mais on se souvient qu'ils avaient joué largement au-dessus de leur niveau en 2013, passant tout près de causer une énorme surprise contre l'Égypte.  « Le fait d'être têtes de série 4 nous place également en bonne position pour viser haut, » indique leur entraîneur (Source: Squash Australia, l'Australie est dans la poule D avec le Pays de Galles et la République Tchèque, et ne peut pas rencontrer l'Égypte, l'Angleterre et la France avant les demi-finales). « Les gars sont montés en puissance dernièrement, et nous sommes désormais complètement tournés vers le championnat du monde par équipe. Je suis très motivé à l'idée de travailler avec ce groupe, constitué de joueurs fiers de représenter leur pays. On va essayer d'aller le plus loin possible. » « Dans un premier temps, nous essaierons de nous qualifier pour les demi-finales, » ajoute Pilley. « Une fois cet objectif atteint, nous aurons l'esprit libre et ferons tout pour remporter le titre. » 

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L'engagement de Ryan Cuskelly (ici contre Momen en 2013) illustre jusqu'où les joueurs Australiens sont prêts à aller pour leur équipe (Crédit photo : SquashSite)

 

CAMERON PILLEY: "NOUS ÉLEVONS TOUJOURS NOTRE NIVEAU SOUS LE MAILLOT DE LA SÉLECTION AUSTRALIENNE"

Cameron Pilley est connu pour sa puissance de frappe hors du commun, mais il est aussi l'un des joueurs les plus expérimentés sur le circuit professionnel. Présent lors des quatre dernières demi-finales du championnat du monde par équipe, il sera l'atout majeur de l'Australie la semaine prochaine. Au cours de l'entretien qu'il nous a accordé, il aborde la fierté de porter le maillot de la sélection, les objectifs de son équipe à Marseille, sa récente paternité, David Palmer et Ramy Ashour.

Jérôme Elhaïk : Cameron, ce sera ta cinquième participation au championnat du monde par équipe. Ton équipe et toi y avez eu de très bons résultats (un médaille d'argent et deux de bronze). Comment expliques-tu que jouer pour votre pays vous pousse à donner le meilleur de vous-même ?

Cameron Pilley : En effet, en général les joueurs australiens élèvent leur niveau de jeu quand ils enfilent le maillot de l'équipe nationale. On n'a pas énormément d'occasions de représenter notre pays (on n'a pas l'équivalent du championnat d'Europe, du championnat Panaméricain, des Jeux d'Asie etc.). Du coup, quand c'est le cas on essaie d'en profiter au maximum. Personnellement, je pense que quand je suis le court avec les couleurs de l'Australie, je donne encore plus. Certaines des plus belles victoires de ma carrière ont d'ailleurs été obtenues dans ces compétitions. Celle contre Karim Darwish à Mulhouse en 2013 me vient immédiatement à l'esprit, d'autant que l'Égypte avait reposé son meilleur joueur (NDLR : Ramy Ashour), pensant qu'ils allaient gagner facilement. Après mon match, Ryan Cuskelly a perdu de justesse contre Tarek Momen. Ce match aurait pu basculer d'un côté ou de l'autre : nous aurions pu les battre 2-0 et nous qualifier pour la finale. Notre succès dans la petite finale contre la France en 2011 est également mémorable. Je n’avais jamais battu Thierry Lincou auparavant, c’était une icône du squash, admiré de tous. Dans le match décisif, j'ai joué à un niveau incroyable, qui m'a permis de gagner 3-1. C'était un grand moment pour moi, assurément l'un de ceux dont je suis le plus fier dans ma carrière.

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Cameron Pilley avait sorti une très grosse performance en demi-finale en 2013, en battant l'Égyptien Karim Darwish (Crédit photo : SquashSite)

J.E. : Quel sera l'objectif de l'équipe à Marseille ? Plutôt défendre votre place dans le dernier carré, ou viser plus haut ?

C.P. : Je pense que l'objectif ultime de toutes les équipes est d'être championne du monde. Mais en ce qui nous concerne, dans un premier temps nous essaierons de nous qualifier pour les demi-finales. Nous souhaitons consolider notre place parmi les quatre meilleures nations, et une fois cet objectif atteint, nous aurons l'esprit libre et ferons tout pour remporter le titre.

"Avoir un enfant vous donne un regard différent sur la vie"

J.E.: Tu as eu ton premier enfant récemment, est-ce que c'est plus dur de quitter la maison pour aller disputer un tournoi (il réside et s'entraîne et au Danemark, le pays de sa femme Line Hansen) ?

C.P. : Oui c'est un peu difficile, mais en fait j'y pense surtout lorsque je suis éliminé. Je n'ai qu'une hâte, rentrer à la maison pour retrouver ma femme et notre petite. Je suis sûr que ça va être de moins en moins facile. Elle va grandir, va commencer à parler et va demander pourquoi son papa part tout le temps de la maison ! Avoir un enfant vous donne un regard différent sur la vie. On réalise que toutes les petites choses qui nous préoccupaient auparavant n'en valent pas la peine. 

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La femme de Cameron - Line Hansen, également joueuse de squash professionnelle - a donné naissance à leur premier enfant il y a quelques semaines (Crédit photo :www.dailyexaminer.com.au)

J.E. : Ce sera la première fois depuis longtemps que l'Australie est sans David Palmer sur une compétition par équipe, que ce soit le championnat du monde, les mondiaux de double, les Jeux du Commonwealth etc. Est-ce que ça va être bizarre, et racontes-nous ton expérience à ses côtés ?

C.P. : Oui ça fait longtemps, mais je ne pense pas que ce sera bizarre. Ça montre simplement quel joueur il a été, de surcroît pendant une période aussi longue. Ça a été un privilège de jouer avec lui en sélection, ainsi que lors des Jeux du Commonwealth. Notre médaille d'or en double, c'était vraiment quelque chose d'extraordinaire, surtout qu'on était tête de série 2 et qu'on avait battu les champions en titre, les Anglais, en finale. Mais je pense aussi que c'est une belle opportunité pour les joueurs qui arrivent. Personne ne s'attend à ce qu'ils soient au niveau de David, c'est tout simplement impossible. Ils apporteront autre chose au groupe. Ce sera la première sélection pour Rex Hedrick et Zac Alexander, et ils vont amener beaucoup d'énergie et d'enthousiasme. 

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La médaille d'or aux côtés de David Palmer en double aux Jeux du Commonwealth Games 2014 est l'un des plus grands moments de la carrière de Pilley (Crédit photo : HKFC Squash)

"Jouer toutes ces années aux côtés de David Palmer a été un privilège"

J.E. : Tu fais partie du top 25 mondial depuis presque 12 ans. Comment expliques-tu cette régularité, et quels sont les adversaires qui t'ont le plus impressionnés pendant ta carrière ?

C.P. : Je ne m’étais pas rendu compte que ça faisait si longtemps, mais oui j’en suis assez fier. C’est difficile de se maintenir au plus haut niveau, et je cherche en permanence à améliorer mon propre jeu. On ne cesse jamais d’apprendre, mais pour cela il est nécessaire de chercher et tester différents programmes et techniques d’entraînement, ce que je continue à faire même à 35 ans. Je n’ai pas été souvent blessé : il y a une part de hasard, mais pour optimiser ses chances d’y parvenir il faut prendre soin de son corps. Les joueurs que j’ai affrontés et qui m’ont vraiment impressionné sont Shabana, Power et Ramy (Ashour). Le squash a beaucoup changé, donc il faut savoir s’adapter et suivre le mouvement. Ramy a fait irruption sur le circuit, avec une façon de jouer au squash totalement nouvelle. Tous les autres joueurs ont dû chercher des moyens de le contrer, et de le battre. Sans aucun doute, il a amené le squash dans une nouvelle dimension.

Plus d'informations sur les équipes sur ce lien.

Sources

Squashinfo

Wikipédia

World Squash Federation

Squashsite


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